
Les pneumatiques sont décrits par Héron d'Alexandrie au cours du premier siècle. À l'époque victorienne, ils étaient employés pour transmettre des télégrammes depuis les stations de télégraphe jusque dans les immeubles alentour.
Aujourd’hui couramment employés dans les banques, l’industrie, la grande distribution et les hôpitaux, il avait même été envisagé au 19ème de les utiliser pour le transport de fret lourd et même de passagers. Le Titanic possédait son pneumatique ainsi que la salle de contrôle de CAP CANAVERAL lors du lancement des missions Apollo.
La poste pneumatique, appelée aussi télégraphe pneumatique, télégraphe atmosphérique ou poste atmosphérique, est un système d'acheminement rapide du courrier (plis urgents, télégrammes, sacs de dépêches, lettres et petits paquets) dans des « curseurs » (appelés aussi navettes ou cartouches, ce sont des boîtes cylindriques creuses) circulant dans des tubes pressurisés essentiellement en fer-blanc. Il a été inventé par l'ingénieur écossais William Murdoch dans les années 1800 et développé par la suite par la London Pneumatic Dispatch Company. Des systèmes de poste pneumatique ont été employés dans plusieurs grandes villes à partir de la deuxième moitié du XIXe siècle mais ont été largement abandonnés au XXe.
Les premiers essais ont lieu en décembre 1866 sur une ligne de 1 050 m de longueur (tubes en acier à ciel ouvert) qui relie la Bourse de Paris au Grand-Hôtel (no 12, Boulevard des Capucines). La première ligne officielle ouvre dans la foulée entre le poste central télégraphique (103, rue des Grenelles) et le bureau de la Bourse, remplaçant ainsi le service postal des petits chevaux qui réalisaient le trajet de 3 km en 12 minutes. En 1867, cette première ligne est étendue à un réseau polygonal dans une seule direction qui part du bureau de la Bourse : il utilise comme relais les principales stations télégraphiques de Paris et emploie l'air comprimé issu du système d'eau sous pression alimentant Paris.
A cette époque des curseurs en fer sont utilisés. Ils sont munies à l'avant d'un nez en cuir (destiné à amortir le choc de l’arrivée) et à l'arrière d'une rondelle de cuir emboutie (assurant l’étanchéité lors du transfert pneumatique).
En 1934, le réseau pneumatique atteint son apogée avec une longueur de 467 km, il dessert plus de 130 bureaux télégraphiques et distribue une dizaine de millions de correspondances par an (chiffre record de 30 millions en 1945, les Parisiens ont gardé la nostalgie de leur petit bleu) par l’intermédiaire de facteurs tubistes (à pied, à vélo à partir de 1916 puis à vélomoteur pour convoyer le courrier dans les banlieues).
Les tubes ont différents diamètres selon les débits utilisés, les curseurs circulent à une vitesse de 400 mètres à 1 km par minute (soit plus vite que le courrier de surface).
Le réseau pneumatique de la ville de Paris subit un programme de modernisation de 1930 à 1960 sous l'impulsion de l'ingénieur en chef des télécommunications Louis Gaillard qui développe son automatisation : expédition automatique des curseurs, sélection automatique des adressages grâce à un système de bagues sur le ventre des curseurs, éjection automatique dans des augets de réception. Suite à des conflits d'arbitrage budgétaire entre les administrations qui s'en occupent (Administration des télécommunications pour la partie technique, P&T pour le service commercial), la maintenance n'est plus assurée (fin des années 1960, 30% du réseau ne fonctionne pas), ce qui amorce son déclin accéléré par les nouveaux moyens de communication. Le service étant en déficit malgré une politique tarifaire en hausse (7.8 fois le prix d'une lettre postale en 1975), il ferme en 1984.
Ce type de réseau est toujours utilisé dans des commerces de détail, hôpitaux et banques françaises, ainsi qu'à l'Assemblée nationale et au Sénat pour le Journal officiel (il est potentiellement en état de marche pour des dépêches entre les chambres du Parlement français, les services du Premier Ministre et le palais de l'Élysée : conservation stratégique en cas de coupure des systèmes de télécommunication actuels, notamment en cas de guerre)
De nombreux commerces emploient des tubes pneumatiques pour transporter des fonds, chèques ou autres documents depuis les caisses jusqu'à la comptabilité. Ces systèmes affiche une vitesse allant jusqu’à 10 m/s.
Ce type de réseau est toujours et même de plus en plus utilisé dans des commerces de détail, hôpitaux, industries et banques françaises. Si le réseau reliant l'Assemblée nationale, le Sénat au Journal officiel n’est plus utilisé, il est potentiellement en état de marche pour des dépêches entre les chambres du Parlement français, les services du Premier Ministre et le palais de l'Élysée : conservation stratégique en cas de coupure des systèmes de télécommunication actuels, notamment en cas de guerre).